Du 8 décembre 2012 au 12 janvier 2013 


C’est un travail de Pénélope lié à la disparition. J’utilise des photographies scolaires de professionnels. Celles-ci sont choisies pour leur neutralité (mise en scène, pose stéréotypée) : chaque photographie est différente et identique aux autres. Elles sont en noir et blanc : un passé intemporel. Seuls les vêtements et les coupes de cheveux figurés nous donnent une indication sur la période où ont été pris les clichés. Les photographies peuvent avoir un caractère mortifère. Ces enfants étaient mais ne sont plus : l’image correspond à leur passé, un souvenir, une mémoire. Pour combattre la fixité, je transpose les photographies sur une matière molle. La vie naît de la qualité propre de la matière utilisée (la matière textile qu’est le tricot) et du système de fixation changeant la forme des visages à chaque accrochage. Tout bouge, se transforme, est mangé par les mites… Une vie changeante, mouvante, rompant avec la stabilité du papier glacé (sans parler des difficultés de la conservation des arts graphiques en général et du support photographique en particulier).  Il s’agit de la fabrication d’une peau tendue en référence aux peaux peintes. C’est une peau, une couverture, un objet qui recouvre, un doudou de passé. Les punaises qui tendent les tricots font référence aux photos d’enfants disparus. L’image est crée d’un seul fil (plusieurs fils noués afin de construire le jacquard) avec un début et une fin.
« Nous avons tous un enfant mort en nous que nous transportons, qui est ce que nous étions et ce que nous ne sommes plus. »  Christian Boltanski.

© Virginie Fuhrmann
Exposition collective Cette famille. Une proposition de Sandrine Creusot.